Avocat du diable : « Le bois est bel et bien un bon isolant »
Dans cet article, nous répondons aux questions suivantes :
- Le bois est-il un bon isolant ?
- Quelle est la différence entre la performance isolante du bois et celle des matériaux de construction traditionnels ?
- Pourquoi une construction à ossature bois peut-elle offrir d’excellentes performances thermiques ?
- Quel rôle joue l’isolation entre les poutres en bois ?
- Pourquoi l’isolation en cellulose iQ3 d’ISOPROC est-elle particulièrement adaptée à la construction bois ?
- Comment un mur à ossature bois isolé se compare-t-il à un mur maçonné traditionnel ?
- Quels avantages supplémentaires la construction bois offre-t-elle en matière de durabilité, de régulation de l’humidité et d’acoustique ?
Un matériau peut être qualifié d’isolant lorsqu’il présente une valeur lambda d’au maximum 0,20 W/mK. Plus cette valeur est faible, plus le matériau est isolant. Il va sans dire que les matériaux isolants à base de bois, comme la laine de bois ou notre cellulose iQ3 (fabriquée à partir de papier recyclé, ndlr), offrent de bonnes performances thermiques. La valeur lambda de la laine de bois se situe entre 0,038 et 0,045 W/mK, tandis que celle de la cellulose varie entre 0,037 et 0,040 W/mK. Ce n’est donc pas un hasard si ces deux matériaux sont commercialisés comme isolants.
Lorsque l’on affirme que le bois est un mauvais isolant, c’est généralement dans le contexte de la construction bois. On entend alors dire qu’« une maison à ossature bois est moins bien isolée qu’une maison maçonnée ». Pourtant — au risque de bousculer quelques idées reçues — saviez-vous qu’une brique de construction dite isolante présente en moyenne une valeur lambda d’environ 0,26 à 0,29 W/mK ? Elle ne répond donc même pas à la définition d’un matériau isolant. L’adjectif « isolante » peut dès lors au minimum prêter à discussion. Le béton cellulaire, souvent utilisé en partie basse des bâtiments pour limiter les ponts thermiques, affiche de meilleures valeurs lambda, comprises entre 0,07 et 0,32 W/mK. La valeur la moins favorable dépasse donc elle aussi largement le seuil de 0,20 W/mK.
La valeur lambda du bois massif, en revanche, se situe entre environ 0,13 et 0,18 W/mK, soit à peu près dans la moyenne du béton cellulaire. Avec une différence importante : l’ensemble de cette plage reste sous le seuil crucial de 0,20 W/mK. Sur le site de Kamp C à Westerlo, on trouve par exemple un chalet construit en bois massif qui affiche une très bonne performance isolante. L’idée selon laquelle le bois serait un mauvais isolant est donc, de fait, déjà réfutée.
Bien entendu, en Belgique, et certainement en Flandre, nous n’allons pas tous construire des chalets en bois massif. Dans nos régions, la construction bois repose généralement sur des poutres massives ou lamellées, éventuellement combinées à du CLT. Le fait qu’une ossature bois crée une cavité entre les montants peut expliquer en partie le préjugé selon lequel un mur maçonné isolerait mieux. Mais une ossature bois se prête justement très facilement à l’isolation. Par exemple avec notre cellulose — fabriquée à partir de papier journal et donc dérivée du bois — qui peut être insufflée et qui présente par ailleurs une classe de réaction au feu B, mais bien sûr aussi avec d’autres matériaux. Et dans de nombreux cas, une maison en bois finit ainsi par offrir de meilleures performances d’isolation qu’une construction traditionnelle.
Exemple concret
Prenons, par exemple, un mur construit avec des blocs de construction courants de 14 cm d’épaisseur, isolé avec 14 cm de PIR, et comparons-le à une ossature bois isolée de même épaisseur totale, soit 28 cm. Si l’on additionne les valeurs R du bloc de construction et du PIR — la valeur R indique, tout comme la valeur lambda, la capacité isolante d’un matériau, mais tient compte non seulement de la nature du matériau, mais aussi de son épaisseur. Contrairement à la valeur lambda, plus la valeur R est élevée, meilleure est l’isolation, ndlr — on obtient une valeur R de 6,84 m²K/W.
La paroi à ossature bois isolée de 28 cm d’épaisseur atteint, quant à elle, une valeur R de 7,36 m²K/W. Et si l’on remplace les poutres par des poutres en I, dont l’âme contient moins de bois, cette valeur peut encore augmenter, car davantage d’espace devient disponible pour l’isolation. En combinant l’ossature bois avec une construction en CLT, les performances peuvent encore être supérieures.
Le préjugé selon lequel le bois serait un mauvais isolant est donc fondamentalement incorrect. Ajoutez à cela les autres grands atouts du bois, comme sa capacité à stocker du CO₂, son caractère renouvelable, son impact environnemental plus faible que celui de matériaux de construction nécessitant une cuisson ou un procédé chimique, ses propriétés naturelles de régulation de l’humidité et d’acoustique, ainsi que son effet positif sur la santé des occupants, et il reste finalement peu de raisons de ne pas choisir le bois comme matériau de construction.
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