NIT300 ouvre de nouvelles perspectives pour l’isolation intérieure des façades existantes.
Houtconnect, une plateforme en ligne qui informe et inspire les professionnels du bâtiment autour de la construction bois, s’est entretenue à ce sujet avec ISOPROC et a demandé à Paul Eykens, conseiller technique chez ISOPROC, de fournir davantage d’explications ainsi que son point de vue sur ces évolutions.
Dans l’article, il explique pourquoi l’isolation intérieure peut être intéressante, tant sur le plan technique qu’écologique, dans le cadre de projets de rénovation bien pensés, à condition d’accorder une attention suffisante aux détails tels que la sécurité hygrothermique, les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air. Les nouvelles classes de pare-vapeur et les avantages pour l’isolation en cellulose iQ3 y sont également abordés.
L’article ci-dessous a été rédigé par Houtconnect et est republié sur notre site web avec leur autorisation.
L’isolation intérieure est depuis longtemps un sujet sensible dans notre pays. Complexe, présentant un risque trop important de moisissures et de dommages au bâtiment, et donc de préférence à éviter : tel a été le discours dominant pendant de nombreuses années. Avec la récente publication par Buildwise de la Note d’information technique 300 (NIT 300) consacrée à l’isolation intérieure des façades, cette perception semble évoluer.
Selon Paul Eykens, administrateur d’ISOPROC, fabricant et importateur de matériaux d’isolation et d’étanchéité de haute qualité, ce document ouvre de nouvelles perspectives pour la construction bois. « Et donc aussi pour notre isolation en cellulose iQ3, qui se prête également parfaitement à la construction bois », explique-t-il.
« Le repère tant attendu pour isoler les façades par l’intérieur, comme alternative à l’isolation par l’extérieur ou en coulisse. » C’est ainsi que Paul Eykens décrit la NIT 300, à laquelle il a lui-même contribué pendant huit ans en apportant son expertise.
« Le document, qui concerne l’isolation intérieure des façades en brique et en béton d’une hauteur maximale de 25 mètres, explique dans quelles situations et de quelle manière l’isolation d’une façade par l’intérieur peut être réalisée en toute sérénité. C’est un outil pratique et clair. »
« En même temps, il s’agit d’une étape importante sur le plan de la responsabilité qu’ISOPROC assume dans le cadre des quelque deux mille avis techniques que nous fournissons chaque année : le principe de base que nous appliquons depuis des décennies, à savoir que la face intérieure doit être étanche à l’air sans être plus fermée à la vapeur que nécessaire, est désormais également repris dans ce document. Les freins-vapeur hygrovariables de notre gamme sont à présent explicitement intégrés dans deux nouvelles classes de pare-vapeur. Nous ne devons donc plus uniquement nous baser sur les connaissances acquises à l’étranger, sur nos propres recherches et sur plus de trente ans d’expérience, mais pouvons désormais aussi nous référer à la NIT 300. »
L’administrateur d’ISOPROC souligne que la NIT 300 accorde à juste titre une grande attention au risque de problèmes d’humidité liés à la pénétration de la pluie, alors qu’auparavant, l’accent était surtout mis sur l’humidité provenant de l’intérieur et pénétrant dans la construction.
« En d’autres termes : une étanchéité à l’air parfaite, réalisée ou non à l’aide d’un matériau frein-vapeur, doit empêcher qu’une trop grande quantité d’humidité issue de l’air intérieur ne pénètre dans la composition de la paroi. Mais il est au moins tout aussi important que la face extérieure empêche une quantité excessive de précipitations de s’infiltrer dans le mur », précise-t-il.
« Cela se traduit par une logique de conception dans laquelle les façades fortement exposées à la pluie battante nécessitent une approche différente de celle des parois abritées. La NIT 300 ne propose donc pas une solution standard pour l’isolation intérieure, mais une stratégie adaptée au contexte. »
Une attention explicite aux ponts thermiques
L’attention explicite portée aux ponts thermiques s’avère au moins tout aussi importante. Paul Eykens : « La NIT 300 montre clairement que l’épaisseur d’isolation en soi signifie peu si les raccords ne sont pas traités correctement. Le document l’illustre de manière frappante à l’aide d’un exemple de calcul pour une maison mitoyenne : un mur avec 20 centimètres d’isolation, mais sans traitement des ponts thermiques, présente une performance d’isolation comparable à celle d’un mur avec seulement 2 centimètres d’isolation, mais où ces ponts sont correctement isolés. »
Selon l’administrateur d’ISOPROC, cela renverse complètement le débat. « Ce n’est pas tant la quantité d’isolation, mais surtout la qualité des détails qui détermine le résultat. Les raccords avec les murs intérieurs, les planchers, les baies de fenêtres et les rives de toiture deviennent dès lors des choix de conception essentiels. »
Les implications pour la construction bois…
Que signifie concrètement la NIT 300 pour la construction bois ? Selon Paul Eykens, le document ouvre surtout des perspectives en rénovation, où l’isolation par l’intérieur est souvent la seule piste réalisable.
« Dans la pratique, l’isolation intérieure est très souvent réalisée au moyen d’une contre-cloison », explique-t-il. « Le bois constitue alors un choix logique. Les montants en bois permettent également de fixer des charges lourdes à la paroi. En outre, leur effet de pont thermique et leur impact environnemental sont nettement plus faibles que ceux des profilés métalliques. La flexibilité du bois constitue aussi un atout : les murs existants sont rarement parfaitement plans, sont souvent hors d’équerre ou présentent des creux et des bosses. Contrairement aux matériaux en plaques planes, une ossature en bois permet de compenser ces irrégularités et de créer malgré tout une enveloppe isolante continue. Cette approche est en réalité confirmée et renforcée par la NIT 300. »
… et pour l’isolation en cellulose
Dans ce cadre, l’isolation en cellulose s’impose presque naturellement, selon Paul Eykens. « La NIT 300 souligne qu’il faut éviter les lames d’air et que l’isolation doit être parfaitement jointive partout. L’isolation en cellulose, comme notre iQ3, épouse de toute façon entièrement le support, puisqu’elle est insufflée. Elle comble chaque irrégularité. C’est une grande différence par rapport aux panneaux ou aux matelas isolants, qui doivent être posés avec beaucoup de soin afin d’éviter les interstices, ce qui implique souvent de travailler avec différentes épaisseurs et nécessite de nombreuses découpes et adaptations. Dans les bâtiments existants en particulier, cela fait donc une différence considérable, car les murs y sont rarement parfaitement d’aplomb et lisses. »
« À cela s’ajoute la capacité de la cellulose à absorber l’humidité et à la restituer ensuite. La NIT 300 y accorde explicitement de l’importance. En pratique, cela signifie que les pics d’humidité temporaires sont absorbés par le matériau lui-même, au lieu de s’accumuler contre le mur. La composition de la paroi devient ainsi plus robuste. Grâce à ce tampon hygrique, il est possible, dans plusieurs situations, d’isoler plus épais, c’est-à-dire de manière plus poussée, qu’avec des matériaux non hygroscopiques. »
« Enfin, la cellulose permet souvent même de réaliser une isolation intérieure sans appliquer de frein-vapeur, pour autant que l’étanchéité à l’air soit correctement mise en œuvre. Cela simplifie la composition de la paroi, même si une exécution soignée reste essentielle. »
Nous ne devons donc plus uniquement nous baser sur les connaissances acquises à l’étranger, sur nos propres recherches et sur plus de trente ans d’expérience, mais pouvons désormais aussi nous référer à la NIT 300.
Nuance
La cellulose est donc simple à mettre en œuvre et performante. Et selon Paul Eykens, c’est précieux au regard du défi de la rénovation à l’horizon 2050. « Si nous voulons atteindre l’objectif de rénovation, nous devons tripler le rythme actuel des rénovations en Flandre », rappelle-t-il. « Les systèmes qui combinent simplicité et performance valent alors de l’or. »
L’administrateur d’ISOPROC conclut toutefois son propos par une nuance. « La NIT 300 ne rendra pas soudainement l’isolation intérieure évidente. Les risques restent réels : une protection insuffisante contre la pluie battante, des erreurs d’étanchéité à l’air, des ponts thermiques sous-estimés ou une analyse négligente de la situation existante peuvent encore toujours entraîner des dommages. Mais le document fait désormais de l’isolation intérieure une technique mature. Alors qu’elle était souvent évitée par le passé, un cadre plus clair voit aujourd’hui le jour, dans lequel l’isolation des façades par l’intérieur peut être appliquée de manière responsable », conclut-il.
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